10 choses à savoir sur le post-partum

6 juin 2018

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Aaah, la grossesse, ses symptômes désagréables, et cette douce sensation de progressivement se transformer en baleine... Heureusement, il y a une deadline ! Une fois l'accouchement passé, tout va mieux, non ? Comment ça non ?

Le post-partum est une deuxième aventure, pleine d'autres merveilleuses (hum) découvertes, dont on entend généralement assez peu parler... Peut-être pour ne pas effrayer les futures mamans, peut-être par pudeur... N'empêche que ça pourrait être un peu plus sympa d'être prévenue !

Avertissement : cet article va aborder des thèmes pas du tout glamours, mais hey, c'est la vie !

Post-partum : ce qu'on devrait nous dire

1 - Les deux heures post-accouchement

Qu'on accouche par césarienne ou par voie basse, avec ou sans péri, globalement une fois qu'on a son bébé sur le ventre, on a l'impression d'être passée sous un train. Et on a juste envie de s'enfermer dans une bulle de douceur, et surtout, SURTOUT, de ne plus ressentir la moindre douleur.

Sauf que.

Après l'accouchement, on vérifie que tout va bien au niveau de l'utérus. Qu'il n'y a pas d'hémorragie ou de caillots. Et pour ça, la sage-femme va pratiquer «l'expression utérine». C'est à dire qu'elle va appuyer sur le ventre, plus ou moins fort, pour vérifier les écoulements de sang. Elle va faire ça régulièrement pendant les deux heures d'observation, et c'est douloureux.

2 - Les tranchées

Youpi, j'ai accouché ! Fini les contractions ! 

Et non ! 

Après l'accouchement, l'utérus doit reprendre sa taille normale. Et si pour grandir, il avait pu le faire progressivement pendant neuf mois, au prix de quelques douleurs ligamentaires, après l'accouchement, il est pressé de reprendre sa taille et sa place. Du coup, il contracte. Et oui. Encore des contractions. Douloureuses hein, sinon ce serait pas drôle. Et si vous allaitez, c'est le super jackpot ! L'allaitement favorise les tranchées. La bonne nouvelle, c'est que du coup, l'utérus reprend sa taille plus vite, yay ! La mauvaise, c'est que... Ben ça fait vachement mal. Alors on n'hésite pas à demander des anti-douleurs, histoire de soulager un peu tout ça.

3 - Les lochies

Dites, question sérieuse, il y a une vraie raison pour que tous les mots liés à l'accouchement et aux suites de couche soient aussi moches ? Non parce qu'entre les tranchées qui nous donnent l'impression de faire la guerre, et les lochies, merci bien, on n'est pas gâtées...

Alors les lochies c'est quoi ? Des pertes de sang, par le vagin. Et oui, après avoir été tranquille pendant 9 mois, c'est l'heure de payer la note, vous pensiez pas vous en tirer comme ça quand même ! Particulièrement abondantes pendant les premiers jours (super de découvrir les serviettes giga maxi plus), elles peuvent durer plusieurs semaines, voire jusqu'à un mois. Ça a beau être normal, c'est pas vraiment la joie, surtout que ça peut provoquer des carences (en fer notamment).

4 - Les hémorroïdes

Oui oui. Ce n'est pas systématique, et certaines chanceuses y échappent, mais globalement, c'est un effet secondaire assez fréquent de l'accouchement. Forcément, quand on pousse pour faire sortir un petit être humain de son corps, le corps réagit. Comme pour les anti-douleurs, on n'hésite pas à réclamer un traitement (crème ou suppos, ou les deux), parce que plus vite on s'en débarrasse, plus vite on arrête de souffrir pour rien. 

5 - Les montagnes russes émotionnelles

Bon, ça en général on est un peu au courant. Après l'accouchement, les hormones prennent le pouvoir ! Vous avez entendu parler des pleurs de décharge des bébés ?  Quand ils sont inconsolables le soir, que rien ne les calme, et qu'on peut juste attendre que ça passe ? Et ben pour certaines, c'est un peu pareil. Si dans la journée ça va, bien souvent avec le soir vient le petit (ou le gros) coup de cafard. Accompagné éventuellement de larmes, de «je suis la plus nulle des mamans», de fatigue, de «j'en peux plus».

Les changements d'humeur, l'euphorie, les coups de blues, c'est normal. Mais si les idées noires prennent le dessus, parlez-en. À votre partenaire, à une sage-femme, à des amis. La dépression post-partum peut arriver sans prévenir, et plus vite vous trouverez de l'aide, plus vite vous pourrez lui botter les fesses. Alors on ne reste pas seule avec son mal-être !

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Les variations d'humeur au fil de la journée

6 - Les premiers passages aux toilettes

J'ai eu une péridurale et une épisio, donc je peux essentiellement paler pour mon cas, mais clairement, ça a été compliqué. Pour éviter les brûlures sur la zone d'épisio (ou de déchirure, ou d'éraillures), le pipi sous la douche est plutôt recommandé. Ça permet de moins souffrir inutilement. 

Après l'accouchement, on peut aussi être confrontée à la constipation, et notamment une forme de constipation plus ou moins psychologique : on a peur d'avoir mal (le périnée est globalement un champ de bataille à ce stade), à cause de l'épisio, ou d'une déchirure, ou des hémorroïdes, du coup on se bloque involontairement, et plus on se bloque, plus on a peur, plus on est bloquée. Cercle vicieux. Comme pour le reste, parlez-en à une infirmière ou une sage-femme, il y a des solutions pour débloquer tout ça !

7 - L'allaitement

Cette partie ne concerne évidemment que celles qui envisagent d'allaiter ! On entend souvent que l'allaitement, c'est ce qu'il y a de plus naturel, mais naturel ne veut pas forcément dire facile. Alors oui, ça peut être super facile, très bien se passer du premier coup, vous pouvez avoir un bébé serial téteur qui gère directement comme un chef, et roule ma poule. Maiiiiis. Ce n'est pas toujours le cas. L'allaitement c'est un double apprentissage : un apprentissage pour la maman, et pour le bébé. Et les débuts peuvent être (très) douloureux : crevasses, pincements, irritations, voire saignement. Gloups. 

Pour mettre toutes les chances de votre côté, je vous conseille de bien vous renseigner sur le sujet avant l'accouchement. Pourquoi ? Parce qu'à la maternité, vous allez entendre autant de conseils différents que vous verrez de soignants.  Et c'est pas au milieu des hormones et de la fatigue que vous trouverez le courage de chercher des infos. Pour aborder en douceur la question, je vous recommande Le Manuel très illustré d'allaitement, qui donne plein de pistes, montre les positions adaptées, rassure et décomplexe. Vous pouvez aussi glisser dans votre valise de maternité le numéro d'une consultante en lactation, à appeler au secours si besoin.

8 - Le ventre vide (et flasque)

La vie, c'est pas comme dans les films. Après l'accouchement, difficile d'être toute pimpante-rayonnante, et impossible de rentrer dans son super jean préféré d'avant grossesse. Le ventre ne redevient pas miraculeusement plat dès la sortie du bébé. Déjà parce que l'utérus prend encore de la place, le temps que les tranchées (boouhouhou) fassent effet. Et puis parce que les abdos se sont écartés pour faire de la place, et le temps qu'ils reviennent à leur position initiale, ça bloblote. Et c'est assez déprimant d'avoir un ventre qui ressemble vaguement à celui d'une femme enceinte de 3 mois, mais de le sentir tout vide et inutile. Bon après, généralement, on s'en fiche un peu, parce que c'est la vie, mais quand même, quand le moral est déjà un peu en berne, ça peut être la goutte d'eau qui fait déborder les larmes.

9 - La cicatrisation d'une déchirure ou d'une épisio

Déjà, une cicatrisation lambda, c'est pas forcément la joie. Mais une cicatrisation placée à cet endroit là, gloups. Quand on s’assoit, ça tire. Quand on va aux toilettes, ça pique. Quand on éternue, ça fait mal. Party hard.

Pour faciliter la cicatrisation, on pense bien à sécher toute la zone délicatement (en tapotant avec une serviette, et pas en frottant comme une brute) après chaque douche. On évite les gants et éponges pour se laver, parce que niveau bactéries, c'est un peu le pire, et qu'on n'a pas envie de se chopper en plus une infection. Et on réclame des anti-douleurs si besoin.

Si après votre retour à la maison, les douleurs persistent longtemps, ou empirent, si vous avez de la fièvre ou tout autre symptôme, consultez rapidement. Mieux vaut prévenir que guérir, on ne rigole pas avec la cicatrisation.

10 - La montée de lait

Après l'accouchement, on attend souvent la montée de lait comme le messie, si on a prévu d'allaiter. Ça nous rassure, ça permet de savoir avec certitude qu'on a de quoi nourrir ce tout petit être qui dépend de nous. 

La montée de lait peut survenir entre 3 et 5 jours après l'accouchement. Généralement, on ne peut pas la rater : les seins gonflent (beaucoup), deviennent douloureux, et se mettent à fuir à peu près n'importe quand. Y compris quand le bébé tête un sein, et que l'autre se met à dégouliner.

La montée de lait peut être vraiment douloureuse. On peut soulager ces douleurs en faisant téter le bébé (évidemment), ou en exprimant doucement du lait à la main, pour relâcher la tension. Une douche chaude peut aussi aider.

Mais pourquoi on en fait un deuxième ?!

Clairement, quand on lit tout ça, on se dit que c'est un peu du masochisme. Mais plusieurs choses : on ne vit pas toutes le post-partum de la même manière. Il y a plein de facteurs qui entrent en compte : la prise en charge par les soignants, l'accompagnement, la présence (ou non) du conjoint, de la famille, d'amis, la possibilité de parler avec quelqu'un qui est passé par là pour se rassurer... Et puis on a toutes un corps différent ! 

Cette liste n'a pas pour but d'effrayer les futures mamans, je ne l'ai pas faite dans l'optique «AHAH ça va être HORRIBLE vous verrez». C'est plutôt : «Oui, avoir un bébé c'est chouette, et on a des paillettes dans les yeux, mais pas que». Et puis c'est aussi un peu pour briser les tabous, parce qu'on ne devrait pas se sentir gênées d'en parler, de demander de l'aide, de dire que là, non, ça va pas, j'ai mal, et j'ai le cafard. Si on sait à quoi s'attendre (en gros hein, parce que je pense que tant qu'on n'est pas passé par là, c'est dur à imaginer), on peut mieux s'y préparer.

Et puis on oublie. Promis. Je me souviens que les tranchées faisaient super mal, mais je n'arrive plus à me représenter la douleur. Je ne sais même plus combien de temps ont duré les lochies, alors que sur le coup je me disais «J'oublierai JAMAIS j'en ai MARRE c'est HORRIBLE». Le temps passe et efface beaucoup de choses, pour laisser la place aux bons souvenirs.

Commentaires


Melo :

Ha, que de bons souvenirs ! 😆 J'en avais oublié quelques-uns