Le 1er trimestre de la loose

14 fév. 2017

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Alors, ouais, j'étais au courant. Pendant le 1er trimestre, on découvre les nausées, on est dégoûtée par tout et n'importe quoi, on commence la journée la tête dans les toilettes… Mais bon, ça peut pas être SI terrible, hein ? Et puis les nausées, ça vaaa, on peut vivre avec.

AHAHA.

A la loterie de la grossesse, j'ai reçu la carte « tu vas en chier ». J'ai passé plus d'un mois à ne rien pouvoir manger, à lutter contre les nausées au point que j'étais soulagée quand je vomissais, parce que pendant 10 ou 15 minutes juste après, les nausées disparaissaient. Impossible de tenir debout. Mes journées se résumaient à :

- Je me lève à 5h parce que je me sens mal
- Je vomis une première fois
- Je transfère mon oreiller, ma bouteille d'eau, ma bassine et un plaid dans le salon, où je squatte le canapé
- J'allume la télé. Netflix, mon compagnon de galère.

Parfois, j'ai des envies subites de nourritures. Des obsessions même. Je ne pense qu'à un aliment, et je suis persuadée que celui-là, c'est obligé, j'arriverai à le manger, et que s'il te plaît mon chat, tu voudrais bien aller en acheter ?  

Et Chat allait en acheter. Et revenait avec. Et rien que la vue de l'aliment en question me retournait l'estomac. Je ne sais pas combien de trucs improbables je l'ai envoyé acheter, après ses journées de boulot et nos 4 étages à monter. Pendant cette période, j'arrivais parfois à manger un demi-gâteau aux pépites de chocolat. 2 morceaux de réglisse Haribo. Du sorbet fraise. Je vomissais le tout peu après, mais c'était toujours mieux que de vomir de la bile.

J'ai perdu 12 kg. J'avais peur que le bébé en souffre, qu'il n'arrive pas à puiser les éléments essentiels à sa croissance. Je culpabilisais, je stressais. J'ai eu des moments où je regrettais cette grossesse. J'attendais, pleine d'espoir, le cap fatidique des 12 semaines, qui devait en théorie me libérer de ces maux. Et l'échographie, pour savoir comment allait le bébé. Mon moral était au plus bas, ma forme physique aussi. Je ne pouvais rien faire de mes journées, je ne supportais plus de rester enfermée. Je broyais du noir.  

Et puis il y a eu l'écho de la délivrance. Les vomissements s'étaient un peu atténués, je commençais à me dire que, peut-être, je voyais le bout du tunnel. La première écho « officielle ». On s'attendait à voir une espèce de têtard, ou d'alien, on savait pas trop. On a vu une vraie silhouette. Avec son cœur, qui battait toujours. Sa colonne vertébrale. Ses doigts et ses orteils. On a eu toutes les mesures, la confirmation de la DPA (le 18 novembre). Il n'avait pas du tout souffert de ma perte de poids, de mes vomissements. Comme un vrai parasite (mais en plus mignon), il avait capté tout ce dont il avait besoin, et tant mieux. Je préfère que ce soit moi qui en pâtisse, plutôt que lui.

On est repartis avec le rendez-vous pour l'écho du 2ème trimestre, le compte-rendu, et les photos. Et en sortant, Monsieur Chat a dit « C'est vraiment pour de vrai, c'est concret maintenant. »

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