L'allaitement : choix, difficultés, et remises en question

29 août 2017

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Ah, l'allaitement. C'est un vaste sujet. Qui mériterait presque un «A» majuscule. «L'Allaitement». Le nerf de la guerre qui oppose le sein et le biberon. Avec Mini, on va bientôt atteindre les 10 mois d'allaitement au sein. Je vous raconte ?

Allaitement au sein ou au biberon : un choix personnel

Le mot clé, c'est «personnel». Enceinte, j'ai tellement entendu de «Tu vas donner le sein j'espère ?», et de «L'allaitement, c'est ce qu'il y a de mieux pour le bébé». Et même la question qui tue : «Tu comptes le nourrir ?».

Comme si en donnant le biberon, on commettait un crime. Qu'on ne nourrissait pas vraiment son bébé. Qu'on l'aimait moins. Bonjour la culpabilisation !

Mon esprit de contradiction et moi, on avait vachement envie d'opter pour le bib, du coup. Et puis finalement, j'ai décidé que je ferai ce que je veux. Et comme dans ma tête, j'avais plein d'arguments en faveur du sein, j'ai voulu tenter. Spoiler alert, ça n'a pas été facile...

Ma petite liste d'arguments perso :

  • C'est gratuit. C'est bête hein ? Et en bonne radine, je mets cet argument en premier, bim. Mais il faut avouer qu'à 10 ou 15€ la boîte de lait, au rythme d'une boîte par semaine, ça grimpe vite.
  • C'est bien pour le bébé. A priori, il y a peu de chance qu'un bébé ne tolère pas le lait de sa mère, ou qu'il n'en apprécie pas le goût. Ajoutons à ça les anticorps, et le lien mère-enfant, hop, vendu.
  • C'est pratique. Genre, vraiment. Pas besoin de prévoir les bibs/l'eau/les doses de lait quand on sort, de penser à racheter une boîte de lait pour éviter d'être à court un dimanche soir à 23h, pas besoin de laver/ranger les bibs. En cas de petit creux du kid, on, on sort le sein, c'est toujours accessible et à bonne température.
  • La nuit, associé au cododo, c'est parfait pour les flemmardes. Pas besoin de vraiment se réveiller, on ouvre un oeil, on rapproche le kid, qui s'accroche au sein, et on roupille.

Il y a aussi des inconvénients, promis, je vais en parler. Et le bib a aussi des avantages, mais comme Mini est toujours allaitée au sein, je suis mal placée pour en parler...

Et surtout, surtout, il faut garder en tête qu'il vaut mieux un biberon donné avec bonheur, qu'un sein à contrecoeur. 

Les difficultés de l'allaitement

La solitude

La difficulté principale que nous avons rencontrée, ça a été le manque d'accompagnement. Même les soignants en faveur de l'allaitement au sein ne prenaient pas le temps de discuter avec nous après l'accouchement, pour savoir comment ça se passait. Je demandais de l'aide pour pratiquement toutes les mises au sein, parce que Mini passait du stade «Nope, pas faim, je m'en fous» à «BWAAA J'AI FAIM TOUT DE SUITE», option je gigote dans tous les sens en faisant n'importe quoi, sans passer par les signes d'éveil. Donc, galère. Ajoutons à ça un téton droit plat, donc compliqué à attraper pour elle : j'avais vraiment besoin d'être conseillée et rassurée sur mon allaitement.

Les signes d'éveil

Les signes d'éveil indiquent quand proposer le sein à son bébé

Et je ne l'ai pas été. La difficulté du téton plat a été balayée en me refilant un bout de sein en silicone, qui aidait un peu mais me stressait beaucoup, parce que j'avais lu que ça pouvait nuire à l'allaitement en diminuant la lactation.

On a beau dire «Ouiii l'allaitemeeent, c'est naturel, c'est instinctif, gnagnagna». Ok, c'est naturel. Mais marcher aussi c'est naturel, et pourtant, chacun a dû passer par une phase d'apprentissage. L'allaitement, deux personne doivent l'apprendre : la maman et son bébé. Ça peut être un apprentissage facile et rapide, mais c'est bien de garder en tête que ce n'est pas toujours le cas.

Les conseils contradictoires

Alors ça, c'était épique. Avec le recul j'en rigole, mais sur le coup c'était la panique. Chaque sage-femme/aide soignante qui passait disait l'inverse de celle d'avant.

«Il faut donner un seul sein par tétée»
«Il faut donner les deux seins à chaque tétée»
«Il faut laisser 3h entre chaque tétée»
«Il faut donner à volonté»
«Une tétée doit durer 15-20 minutes»
...

Heureusement, je m'étais pas mal renseignée avant, et j'avais lu en long, en large et en travers le site de la Leche League (entre autres). Donc j'ai ressorti les liens que j'avais sauvegardés, et je n'en ai fait qu'à ma tête. J'ai appliqué la méthode du «oui oui», à chaque conseil donné, et j'ai écris n'importe quoi dans le petit carnet pour qu'on me lâche les baskets.

Je donnais le sein à volonté, même pour 5 minutes, même si c'était juste du tétouillage pour que Mini soit rassurée/s'endorme. Les mises au sein devenaient plus faciles, tout avait l'air de fonctionner comme sur des roulettes.

Ballon de rugby

La position «ballon de rugby», qui permet - entre autres - de tirer son lait sur le 2ème sein pendant la tétée

Frein de langue trop court : quand la nature complique les choses

De retour à la maison, les problèmes recommence. Mini s'énerve très vite au moment des tétées, et les mises au sein tournent au cauchemar. J'ai encore des souvenirs de tétée démarrant avec Mini dans mes bras, moi qui tient le boit de sein, et Monsieur qui lui tient les bras pour l'empêcher de se débattre et lui permettre d'attraper le sein. Et moi en larmes, me sentant nulle de ne même pas réussir cette chose «si naturelle et instinctive».

L'histoire aurait pu s'arrêter là. J'aurais pu jeter l'éponge, on aurait pu aller acheter vite fait une boîte de lait et des bibs. Mais subitement, l'allaitement me tenait vraiment à cœur. Parce que quand les tétées se passaient bien, j'avais une Mini tellement heureuse dans les bras. Parce que quand ça marchait c'était du bonheur. Parce que j'avais déjà eu l'impression de rater mon accouchement, et que je n'aurais pas supporté un échec supplémentaire. 

Nous avions besoin d'aide. J'ai pris mon courage à deux mains, et j'ai contacté une consultante en lactation. Elle est venue chez nous le 15 novembre : Mini avait 10 jours. Elle nous a écoutés, rassurés, conseillés. Elle a vu comment se passait une mise au sein. Elle nous a conseillé deux choses en particulier : consulter un ostéo, et un ORL.

Pourquoi l'ostéo ? Parce que pendant l'accouchement, entre la violence des contractions, l'ocytocine et les spatules, sa naissance n'a pas été des plus douces, et il pouvait y avoir quelques blocages, notamment au niveau de cou.

Pourquoi l'ORL ? Parce que Mini avait un frein de langue trop court. Elle ne pouvait pas tirer la langue correctement, donc c'était difficile pour elle d'attraper le sein, donc elle s'énervait...

Quand l'allaitement devient juste un bonheur

Une fois réglés ces soucis, nous avons pu constater une grosse amélioration. Fini les hurlements en début de tétée, le stress, les larmes. J'ai même pu me débarrasser du bout de sein en silicone !

Et depuis, je profite tous les jours de ces beaux moments. Alors c'est sûr, quand elle a faim la nuit, c'est toujours moi qui m'y colle. Pendant longtemps, je ne pouvais pas m'absenter sans avoir laissé suffisamment de lait tiré pour que son père puisse la nourrir. Et pendant les pics de croissance, quand elle passait la journée accrochée au sein, c'était pas toujours fabuleux-épanouissant-paillettes-et-licornes.

Sans compter les débuts, quand je devais porter H24 un soutif avec des coussinets méga absorbants, pour éviter de me retrouver trempée de lait.

Maintenant, ces mêmes personnes qui me poussaient à allaiter commencent à me dire «Mais tu l'allaites ENCORE ?». Parce qu'en France, tu dois allaiter parce que c'est bien. Mais pas trop longtemps hein, genre 3 mois pas plus. Sinon c'est bizarre, on dirait que t'arrives pas à couper le cordon, et puis bon, tu pourrais passer au bib quand même hein.

Pour rappel, l'OMS préconise l'allaitement exclusif jusqu’à 6 mois.

Et comme on est un peu maso, et que les reflexions sur l'allaitement ne nous suffisaient pas, on s'est aussi lancé dans la DME. Je vous en parle bientôt !

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