Deuxième grossesse et hyperémèse gravidique

15 fév. 2018

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Si vous me suivez sur Twitter, vous le savez déjà (bande de privilégiés) (si vous ne me suivez pas et que vous avez envie de le faire, c'est par là), je suis enceinte de Numéro 2 ! DPA au 11 août, joie, paillettes et papillons !

Sauf que non. Enfin, joie, si, on est très contents d'agrandir la famille. Par contre pour ce qui est paillettes et papillons, ils se font un peu piétiner par ma «super» copine de grossesse : l'hyperémèse gravidique (Ou HG, de son petit nom).

L'hyperémèse, une maladie méconnue et sous-estimée

En France, d'après mes propres constatations (c'est donc une impression purement subjective et tout à fait réfutable), on diagnostique assez peu l'hyperémèse. L'hyperémèse, ce sont les vomissements incoercibles de grossesse. C'est quand tu vomis souvent, beaucoup, que ça te réveille la nuit, que tu es mal H24 à cause des nausées. Pour ma première grossesse, aucun médecin n'a même prononcé ce mot, malgré 12 kg perdus et des journées passées la tête dans la cuvette. Les traitements proposés ? Du vogalène (inefficace pour moi), et du primperan, tout aussi inefficace. Et une minimisation de mes symptômes par différents soignants.

«Les nausées, c'est fréquent, prenez sur vous»
«Vous ne pouvez pas continuer à vous écouter comme ça»
«Ça va passer à la fin du premier trimestre»
«De toute façon on ne peut rien faire de plus»

Résultat : en plus du poids perdu, un moral dans les chaussettes, l'impression que d'une certaine manière c'était ma faute, que j'étais trop fragile pour supporter la grossesse, et que ça voulait forcément dire que je serai une mauvaise maman (Quand je broie du noir, je fais pas semblant). Bref, j'étais malade, et en plus je me sentais coupable. Party hard.

Tout le monde avait beau me répéter que chaque grossesse est différente, et gnagnagna, le fait est que j'appréhendais un peu la deuxième grossesse. Et le premier indice qui m'a fait suspecter que j'étais enceinte, c'est un dégoût très fort pour les odeurs. Et hop, on rempile, on ressort la bassine. Et cette fois c'est beaucoup plus dur, malgré des vomissements légèrement moins fréquents, parce que je dois gérer ma fille en même temps. Et devinez quoi ? Quand on a souffert d'HG pendant une grossesse, il y a beaucoup plus de risques d'en souffrir à nouveau pour la suivante ! Mais «chaque grossesse est différente», hein.

Bassine

Ma meilleure amie

Comment supporter l'hyperémèse ?

On ne va pas se mentir hein, c'est dur. Et encore, pour cette deuxième grossesse je ne vomis pas «tant». J'étais à une quinzaine de vomissements par jour, depuis que je prends du Donormyl, c'est tombé à environ 6 ou 7. Les nausées sont incessantes par contre. Ce qui m'aide, c'est que dès le début de cette deuxième grossesse, je me suis renseignée. Et je suis un peu tombée des nues, en voyant à quel point une grande partie des soignants... S'en foutent.

Certains se lancent dans la psychologie de comptoir («Vous ne vouliez pas vraiment de ce bébé, vous le rejetez», et allez hop, une petite louche de culpabilisation supplémentaire), d'autres disent que c'est pas si grave, et la plupart refusent de prescrire un médicament dont l'efficacité a été prouvée et qui est recommandé par le CRAT

La souffrance est pourtant bien réelle, et la voir balayer par les soignants rend les choses encore pires. L'autre alternative, c'est l'hospitalisation, en cas de très grosse perte de poids et de déshydratation. Mais encore faut-il trouver un hôpital dans lequel le problème est pris au sérieux...

Là, à 14SA, j'ai perdu 6 kg. Moitié moins que pour ma première grossesse donc, probablement grâce au Donormyl. C'est apparemment pas suffisant pour avoir droit au Zophren, ma généraliste m'ayant même menti en disant qu'elle ne pouvait pas m'en prescrire. (Ce qui est faux, elle en a tout à fait la possibilité).

Je pense que le pire, c'est ça, se voir refuser un traitement qui pourrais marcher. Ça, et le sentiment de solitude. Heureusement, Twitter est un outil fabuleux, qui m'a permis de trouver des copines de galère, J'ai même rejoint le groupe Facebook 9 mois avec ma bassine, et WOW. On est plein en fait. Donc ptet qu'en fait, c'est vraiment une vraie maladie, et c'est pas juste dans ma tête. Ptet qu'en fait, je ne suis pas une chochotte qui s'écoute et qui en rajoute. Ptet qu'en fait, on devrait arrêter de répondre aux femmes enceintes qui vomissent tripes et boyaux que «c'est normal, ça va passer».

Précisions et liens utiles

J'ai bien conscience que cet article peut avoir un arrière goût désagréable pour les soignants qui passeraient par là. Et c'est normal, parce que ma situation me met en colère. J'ai une maladie identifiée, pour laquelle un traitement existe, et on me refuse ce traitement, alors même qu'il est recommandé par le CRAT. J'estime que le rôle des soignants n'est pas de minimiser mes souffrances, mais de m'aider à les soulager. Alors oui, je pourrais changer de médecin, aller voir un autre gynéco, retourner la terre entière jusqu'à ce qu'on me prescrive ce dont j'ai besoin. Mais je n'en ai pas la force. Parce que je suis vidée de mon énergie, parce que les vomissements et nausées ne me laissent pas de répit, parce que, j'avoue, je n'ai pas le courage de me battre. Alors oui, je râle, et je peste, et ça ne sert à rien. Mais ça soulage un peu.

Deux liens utiles concernant l'HG, en anglais : 

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